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Lundi, Juillet 30, 2018

Camille Traverse, fondatrice de Preppy Sport (35) : "J'ai fait le choix d'agrandir l'équipe plutôt que de rester seule à travailler car je souhaitais avancer plus rapidement. Là encore, c'est une question de choix et de concessions."

Elle m'a épatée par son enthousiasme et sa capacité de persévérance. Camille Traverse est une de ces Femmes de Bretagne pour qui tout est possible à la condition d'opérer les bons choix au bon moment. Histoire d'une championne d"équitation qui a décidé de changer de vie pour s'atteler à un nouveau marché, en pleine cohérence avec son univers. Interview d'une entrepreneure qui a choisi d'opérer les bons sacrifices en acceptant que "la liberté a un prix". Portrait de la belle fondatrice de la start-up PreppySport, la première sellerie en ligne sécurisée.




Camille, tu es la fondatrice de PreppySport. Peux-tu nous présenter ton activité ?

PreppySport est à l'image de Videdressing et Vestiaire collective : c'est un site permettant aux passionnés d'équitation d'acheter ou vendre son matériel en toute sécurité. Il est toujours délicat de vendre des articles spécialisés entre particuliers et d'avoir la garantie d'être payé ou bien de recevoir le bon produit. 
Également, pour faciliter les démarches des vendeurs d'articles, PreppySport propose un service de conciergerie agissant comme un dépôt-vente où nous nous occupons de tout le matériel de A à Z.


Quel parcours as-tu suivi avant la création de ton entreprise ? Comment te sont venus l'idée et le déclic ?

Je suis passionnée d'équitation depuis mes 6 ans, j'ai toujours voulu travailler dans ce milieu mais j'ai dû arrêter de monter à cheval pour me consacrer à mes études. Après avoir suivi une formation une école de commerce à l'INSEEC Paris, je suis partie en semestre à la Harrington College of Design à Chicago. 
À ce moment-là, après avoir effectué de nombreux stages dans des domaines divers, je souhaitais vraiment travailler dans un milieu que j'appréciais : l'équitation. J'ai alors travaillé chez GPA, une marque prestigieuse de casques d'équitation. J'ai alors repris un peu l'équitation et il me restait alors beaucoup de matériel à vendre. J'utilisais la plateforme Vide dressing pour vendre mes vêtements et c'est assez naturellement que je me suis dis qu'il faudrait le même système... adapté à l'équitation. Car en tant que cavalier, nous avons une fréquence d'achat et une quantité d'articles assez importante à nous procurer.


Au stade de ton lancement d'activité, tu as donc quitté ton poste de salariée dans le Sud de la France pour "repartir de zéro" en retournant vivre chez tes parents. Pourquoi et comment as-tu choisi de sortir de ta zone de confort ?

J'ai adoré mon expérience chez GPA et c'était un choix difficile. Mais lorsqu'on monte une société il y a des choix à faire, celui de rentrer en était un. Ma famille me manquait, mes amis à Paris me manquait également. J'ai préféré rentrer en Bretagne, dans un contexte où j'allais pouvoir travailler confortablement chez mes parents. Si j'avais été à Paris, je n'aurai pas été focus sur mon activité, il y aurait toujours eu beaucoup de tentations.


 
"J'ai fait le choix d'agrandir l'équipe plutôt que de rester seule à travailler car je souhaitais avancer plus rapidement. Là encore, c'est une question de choix et de concessions."


Lors de la création de ton site web en 2015, ta plateforme de vente en ligne ciblait plusieurs sports : pourquoi as-tu choisi de te centrer ensuite sur le domaine de l'équitation ?

J'ai fait le choix de recentrer uniquement sur l'équitation car il faut savoir être focus sur un seul thème afin d'avoir les meilleurs process et ainsi d'être compétitif. Le chemin d'un client sur le site sera le même qu'il achète du matériel d'équitation ou du matériel de golf. La seule différence sera le message diffusé pour le faire venir sur le site ou le conseil. J'ai choisi l'équitation car c'est le secteur que je connais le mieux, qui me passionne et dans lequel j'ai le plus de réseau.


Si l'on revient sur ces 4 années de lancement de l'entreprise : quel chemin a parcouru Preppy Sport ?

Déjà 4 ans ! C'est passé très vite, j'ai l'impression qu'on a encore tellement de chemin à parcourir que j'en oublie à certains moments tout ce qu'on a réussi à accomplir.
Chronologiquement :
Janvier 2015 : Lancement du site. Grosse motivation car c'était le début, beaucoup d'énergie mais difficile de se concentrer sur tout à la fois.

Été 2016 : Arrivée de Marie-Lou (notre 1ère salariée qui est arrivée en stage) et Mickael (mon associé, CTO de PreppySport)
Il était indispensable d'étoffer l'équipe et de pouvoir travailler plus sur la stratégie et la manière d'optimiser notre travail.
Fin 2016, nous ouvrons notre boutique au Boulerie Jump au Mans, le pôle européen du cheval.
Janvier 2017 : Preppy ouvre des bureaux à Paris et nous sommes désormais 6 à temps plein.

Mon équipe est vraiment le socle de la réussite de Preppy ; en effet on se tire tous vers le haut dans la bonne humeur. C'est une vraie source de motivation chaque jour de devoir donner le meilleur de soi. Le fait d'avoir une équipe responsabilise beaucoup et il faut se remettre en question régulièrement. Chaque dépense est mesurée car elle va impacter toute l'équipe et non plus une seule personne. J'ai fait le choix d'agrandir l'équipe plutôt que de rester seule à travailler car je souhaitais avancer plus rapidement. Là encore, c'est une question de choix et de concessions.

Septembre 2017 : Nous intégrons le programme Les Sprinteuses by Le Tremplin et Paris Pionnières
Février 2018 : Nous sommes dans le Top100 des startups dans lesquelles investir en 2018 by Challenges.


 


Quel est le modèle économique de Preppy Sport ? Comment parviens-tu à communiquer ainsi qu'à démarcher les clients et partenaires ?

PreppySport se rémunère à la commission : 15% sur le service classique en ligne, 30% pour le service conciergerie.
Concernant la communication, nous avons beaucoup travaillé le référencement naturel ainsi que le bouche-à-oreille. Nous nous rendons également sur les grands évènements du secteur afin de rencontrer nos utilisateurs. Les réseaux sociaux nous ont permis de nous développer à moindre coût et avec une communauté très investie.


Ton entreprise est seule sur le marché concerné. Quels sont tes concurrents potentiels ? Comment parviens-tu à t'en distinguer ?

Actuellement, nous avons des concurrents comme les sites de petites annonces spécialisées ou LeBonCoin. Mais aussi les réseaux sociaux comme Facebook et Instagram.
Pour nous démarquer nous avons décidé d'être très spécialisé et d'avoir un service client spécialisé et compétent. De plus nous sécurisons les transactions entre particuliers, ce qui n'est pas proposé ailleurs. Ainsi qu'une garantie "satisfait ou remboursé".


 


Via le réseau Femmes de Bretagne, tu bénéficies d'un e-MBA à Rennes School of Business : en quoi consiste cette formation et comment en as-tu obtenu l'accès ? D'autre part, tu as participé au mécénat flash d'EY. Peux-tu nous faire un retour sur cette expérience ?

Concernant le mécénat flash d'EY : C'est là une très belle opportunité que d'avoir un audit d'1/2 journée dans les bureaux d'EY Nantes entourée d'experts.
Début 2017, j'étais dans le rush de l'opérationnel et cette petite coupure m'a permis de prendre du recul sur ma vision stratégique, de voir si l'ambition que j'ai pour Preppy est correcte et atteignable. Et surtout de parler chiffres.
Ca a été une très bonne expérience, je remercie l'équipe d'EY d'avoir pris le temps de m'aider à réfléchir à l'avenir de Preppy.

Concernant le e-MBA : J'ai reçu un mail de Femmes de Bretagne (réseau dont je fais partie depuis 2014) évoquant un partenariat avec Rennes School of Business pour remporter un e-MBA. Suivre un MBA était mon rêve absolu en terme de cursus scolaire !
Il est vrai que cela est arrivé à un moment où mon planning était intense avec Preppy. Les premiers mois ont été très durs et difficiles car il fallait que j'adapte mon planning et surtout que j'apprenne à mieux déléguer.
J'ai souhaité intégrer le e-MBA de Rennes School of Business dans plusieurs buts : apprendre à déléguer ; sortir de l'opérationnel de tous les jours et avoir une vision plus stratégique et plus long termiste ; reprendre un bon niveau d'anglais business (les cours sont dispensés en anglais) ; ainsi qu'améliorer mes connaissances en gestion d'entreprise, notamment la partie financière.

Merci mille fois à Femmes de Bretagne, EY et Rennes School of Business ! Ces structures me permettent de mener Preppysport dans les meilleures conditions possibles.


 
"Nous avons tous des objectifs différents et peu importe d'être plus lente que d'autres, le principal est de se faire plaisir."


Quels sont les projets à venir pour Preppy Sport ?

Nous souhaitons procéder à une refonte du site afin d'y integrer de nouvelles fonctionnalités, améliorer l'ergonomie pour nos utilisateurs, permettre une mise en ligne rapide et également traduire le site. En effet, nous livrons également dans plusieurs pays européens, cependant le site n'est pas encore traduit.



Dans l'immédiat, voilà que tu lances une campagne de prêt participatif. Peux-tu nous en expliquer le concept et les objectifs ? Comment y participer ?

La campagne du prêt participatif lancé sur le site web de myoptions va nous permettre l'embauche de mon associé Mickaël qui va être en charge de toute la partie technique.
Le concept est de prêter à Preppysport comme une banque, avec un taux de 8% et un remboursement de 36 mois.


Également pour information nous avons validé la campagne myoptions car nous avons dépassé le seuil des 15% requis... hier soir... grâce à un prêteur ayant mis 25 000€ !
Reste à présent 50 jours de campagne pour atteindre 75 000€ !


Toutes les infos ICI.


Ton enthousiasme et ton parcours donnent l'image d'une vraie championne ! Comment parviens-tu à maintenir une telle flamme après 4 ans d'activité ?

La vie d'entrepreneure est aussi excitante que stressante, de vraies montagnes russes. Dans une seule journée on peut sauter de joie comme se dire qu'on ne sait pas comment on va pouvoir continuer le lendemain. Mon équipe m'a clairement permis de me relever les moments où le moral est au plus bas, car chaque jour je me lève en me disant que j'ai une responsabilité et un devoir de réussir vis-à-vis de ceux qui me font confiance et me suivent dans cette aventure. Ma famille et mes amis également sont un excellent soutien, meme s'ils ne sont pas toujours très objectifs :) 

Au bout de 4 années de travail pour Preppy, j'ai appris de mes erreurs et je sais exactement où placer désormais mes investissements pour la société. Ce n'est pas tous les jours facile mais c'est une belle satisfaction de voir mon équipe grandir et nos utilisateurs fiers d'utiliser notre plateforme.


 


Quels conseils donnerais-tu aux Femmes de Bretagne qui souhaitent elles aussi créer leur activité ?

Le premier conseil serait d'être passionnée. La création d'entreprise est déjà si sûre, il faut beaucoup de motivation et ne jamais lâcher quand on sent qu'on va arriver à notre but. Je rajouterai qu'il est utile de s'inspirer de ceux/celles ayant "réussi" mais il faut éviter de se comparer. Nous avons tous des objectifs différents et peu importe d'être plus lente que d'autres, le principal est de se faire plaisir.




Camille Traverse
Site web de PreppySport
T : 06 71 69 15 90  
M : camille.traverse@preppysport.com
Page Facebook

Compte Instagram


 
Un entretien réalisé par la Plume Virginie Le Gall,
experte en blogging pour Mamezell' en Finistère
 
Article rédigé par :
Virginie Le Gall. -