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Mardi, Octobre 3, 2017

Frédérique Cottereau et Chantal Goubaud-Gougeon (35 et 22) : « Nous avons été confrontées à la solitude du porteur de projet, on veut donc proposer un soutien »

Deux Femmes de Bretagne qui s’unissent pour proposer un atelier commun, c’est le défi que se lancent Frédérique Cottereau et Chantal Goubaud-Gougeon. Habitées par les valeurs de partage et de collaboration, elles guident les âmes seules dans l’élaboration de leur « tableau des rêves ». Découverte de deux parcours alambiqués jusqu’à l’épanouissement personnel et professionnel.





Nul doute qu’elles sont fières du chemin parcouru. Sur leur flyer commun, s’inscrit dans un cadre au fond jaune et en caractères gras : « Créez votre tableau des rêves avec des pros ». Frédérique Cottereau, artiste peintre/animatrice culturelle, et Chantal Goubaud-Gougeon, intervenante en thérapie sociale, membres de Femmes de Bretagne, en Ille-et-Vilaine et dans les Côtes-d’Armor, unissent leurs compétences pour proposer cette animation innovante. Un excellent exemple de coopération entre Femmes de Bretagne qu’elles démontreront le 11 décembre à Combourg, lors d’un atelier gratuit réservé aux adhérentes du réseau.


« J’ai décidé de quitter l’entreprise pour laquelle je travaillais, en tant que maquettiste, depuis sept ans. J’étais victime de harcèlement moral, je suis partie en miettes. J’ai mis des années à me reconstruire. »


Finalement, ce n’est peut-être pas le hasard qui les a faites se rencontrer, alors qu’elles covoituraient pour se rendre à une formation de porteurs de projet. Ces bretonnes témoignent de parcours heurtés. Quand Frédérique Cottereau explique avec pudeur ses embûches professionnelles, Chantal Goubaud-Gougeon s’épanche sur ses blessures de l’enfance et son quotidien de mère célibataire. La première insiste sur un tournant majeur. Le 11 septembre 2001. « Les deux tours se sont écroulées, le monde avec. Mon monde à moi, également. Ce jour, j’ai décidé de quitter l’entreprise pour laquelle je travaillais, en tant que maquettiste, depuis sept ans. J’étais victime de harcèlement moral, je suis partie en miettes. J’ai mis des années à me reconstruire », confie celle qui exprime « avoir plus de facilité à en discuter à présent ». Des mois de thérapie seront nécessaires. Un sérieux travail sur la confiance qu’elle s’octroie, aussi. Car cette « artiste dans l’âme » tarde à franchir le pas de la professionnalisation. Pourtant, bien avant cette expérience de maquettiste, durant deux ans, elle se forme aux bases de la peinture et du dessin, dans un atelier d’art à Saint-Lô, auprès du peintre Michel Clos. « On a construit le plus grand puzzle du monde ! », se souvient-elle. Puis, elle s’oriente dans le dessin d’exécution en publicité. Un monde qui l’effraye. « Il fallait aller à Paris, puis l’univers de la publicité n’était pas fait pour moi », analyse-t-elle avec le recul nécessaire. D’où cette orientation vers la publication assistée par ordinateur (PAO).




Ce sont d’autres traumatismes qui éclairent la réorientation professionnelle de Chantal Goubaud-Gougeon. Sans vaciller, elle se remémore un parcours dont « elle n’est pas fière ». Peu passionnée par les études, elle débute par un CAP vendeuse, puis enchaîne avec un CAP de sténodactylo correspondancière et rencontre son futur mari. « Très vite, je suis tombée enceinte, lui tenait un garage automobile, mais l’histoire a mal fini. Je me suis retrouvée mère célibataire en galère. J’enchaînais les petits boulots à mi-temps, et ma vie amoureuse était tout aussi instable », confesse-t-elle. Après un stage de reconversion en vente automobile, dont elle sort « major de promo » et une expérience de vendeuse-secteur chez un concessionnaire à Dinan, elle explose : « J’ai fait un burn-out, il y avait trop de compétition entre les vendeurs et une mauvaise ambiance. » Pour elle aussi, des années seront de rigueur « pour sortir la tête de l’eau ». En 2011, elle se forme à l’école de la médiation CNV, parcours agréé par le conseil national des barreaux. Voilà qu’elle tombe sur un livre de Charles Rojzman, expliquant « la thérapie sociale », concept qui tente de relier développement personnel et développement social. Chantal Goubaud-Gougeon est séduite. Elle entame une formation de trois ans. « J’en suis à ma deuxième année de certification », explique celle qui est donc devenue « intervenante en thérapie sociale TST ». Elle intervient dans les domaines de l’éducation, le champ médico-social, et l’économie sociale et solidaire, autour de 3 axes :  famille-parentalité, précarité, insertion & handicap ; santé et bonheur au travail, management responsable ; nouvelles gouvernances, démarches participatives, accompagnement éthique, développement durable.


« Avec Femmes de Bretagne, on rencontre beaucoup de monde, même un pique-nique ensemble, ça fait chaud au cœur. »


Alors ce que l’on lit entre les lignes de leur projet commun, c’est une passion partagée pour l’humain. Une volonté profonde de se sentir utiles, d’aider l’autre. Chacune à sa manière. En 2011, Frédérique Cottereau crée « La valise créative ». Aujourd’hui adhérente de Smart, une « entreprise collective fondée sur la solidarité et le mutualisme, sans but lucratif », elle peint, sur commande, « des portraits animaliers, la nature, des portraits chamaniques, des fresques… ». Aussi, l’artiste brétilienne « relooke du mobilier ancien ». Et enfin, pour transmettre son savoir-faire, elle anime « des ateliers ou des formations pour utiliser des matières prioritairement à recycler (carton, papier). Ces prestations sont proposées à tous les publics, comme des écoles, centres de loisirs, EHPAD, associations. » Et son engagement, elle le résume ainsi : « avec l’Art, j’aide les autres. Le cadeau de ma vie, c’est construire la paix, montrer le beau en chacun de nous et dans notre environnement. »




Même constat pour Chantal Goubaud-Gougeon qui relate : «Je sens qu’il y a désormais du sens à ma vie. Ce qui me rend heureuse, c’est le sentiment que je peux être utile. » Comment ? En pratiquant, avec son association Chemin Faisant, des « interventions de thérapie sociale » auprès de « groupes qui ont des difficultés à vivre ou à travailler ensemble, confrontés à des freins à la coopération ». Forte de ses compétences en thérapie sociale, en médiation et en communication non-violente, lors de ses séances, l’intervenante met en œuvre des exercices « pour rétablir une confiance de groupe suffisante ».

Alors, c’est tout naturellement qu’au sein de Femmes de Bretagne, ces deux-là s’épanouissent aisément. Chantal Goubaud-Gougeon est même devenue, tout récemment, co-coordinatrice de l’antenne de Dinan. « J’avais besoin de sortir de chez moi. J’ai besoin de me nourrir de l’humain, de sortir la tête du guidon. Avec Femmes de Bretagne, on rencontre beaucoup de monde, même un pique-nique ensemble, ça fait chaud au cœur ». Frédérique Cottereau approuve : « Ce sont toujours des moments particuliers, où l’on apprend, on échange, j’en ressors toujours très riche. » Elle poursuit : « Ce sont des journées où l’on crée du lien, dans la bonne ambiance, la bienveillance. J’apprécie ces contacts humains sincères. »


« Grâce à notre tableau des rêves, la personne vit différemment son sentiment de solitude. »


Le 31 octobre à Dinan, et le 11 décembre à Combourg, c’est elles qui participeront à cet élan bienveillant. Pour les adhérentes de Femmes de Bretagne, elles animent un atelier découverte,  « Entreprendre et concevoir sa réussite ». L’outil pour y parvenir ? « Un tableau des rêves » ou « tableau de visualisation positive ». L’idée émane de Frédérique Cottereau, déjà conquise par le concept : « C’est un support auquel on peut se référer tout le temps, il évolue. Il permet de poser ses objectifs personnels, professionnels… » Dans sa globalité, l’atelier se déroule en quatre séances de trois heures pour « imaginer sa réussite » et se « projeter ». Il s’adresse «  à toute personne qui a besoin de structurer son projet ». Les deux animatrices témoignent : « Lorsque l’on est dans le doute, on est souvent seule, malgré le réseau ! Là, avec un tableau des rêves, on pose des bases auxquelles on peut se raccrocher ». Chantal Goubaud-Gougeon complète : « Nous avons été confrontées à la solitude du porteur de projet, on veut donc proposer un soutien. Grâce à notre tableau des rêves, la personne vit différemment son sentiment de solitude. »
 
Dans cette quête d’une solitude maîtrisée, ces deux Femmes de Bretagne sont complémentaires. Si Frédérique Cottereau et sa Valise Créative guident les participants pour que leur tableau des rêves soit « créatif, ludique et esthétique, avec des textes, des images, des dessins » ; Chantal Goubaud-Gougeon, elle, tente de « déconstruire le regard possiblement limitant qu’ils/elles se portent pour les réconcilier avec la créativité. Je leur montre ce chemin. »

Inscription aux ateliers :
contact@cheminfaisant.org

Pour contacter Frédérique :
06 79 82 25 16
frederique.cottereau@gmail.com
www.frederique-cottereau.fr
Sa page Facebook
Son profil Femmes de Bretagne


Et Chantal :
06 29 58 25 53
cheminfaisantcg@gmail.com
www.cheminfaisant.org



Un entretien mené par la Plume Léonie Place,
rédactrice de contes de faits chez Scribeuse (56)



Article rédigé par :
Léonie Place. -