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Jeudi, Février 8, 2018

Josy Gueguen, gérante des gîtes et chambres d'hôtes de Lanevry à Kerlaz (29) : "Chaque année avec mon époux, nous vivons des instants privilégiés, de partages. Toujours ils illustrent l'étendue de la nature humaine."

En séjournant le temps d'un week-end dans l'une des chambres d'hôtes de Lanévry à Kerlaz (29), j'ai fait la découverte d'un lieu inoubliable dans un ancien corps de ferme en bord de mer ; mais j'ai aussi fait une rencontre forte. Celle d'une entrepreneure qui porte son projet, ses choix de vie et ses convictions jusqu'au bout de ses jolis ongles. Aux côtés de son mari René, Josy Gueguen est de ces femmes-là qui vont au bout des choses, en maniant énergie, authenticité et élégance. Retour sur notre échange mené dans la salle du petit-déjeuner, autour d'un jus de pomme et d'un kouign amann faits-maison, pour une interview de coeur à coeur !
 



Lanevry est initialement une propriété familiale. Quelle est l'histoire de ce lieu ?

Le lieu est d'abord un classico-classique d'une exploitation agricole familiale du bord de mer. Mes parents dans les années 1960 ont fait très tôt le choix de l'accueil en « Gîtes rural ». À leur retraite (le début des années 1990), le corps de ferme abandonné par les vaches et les cochons demandait à revivre.


Vous étiez à l'origine infirmière en missions humanitaires...  Depuis le stade de l'idée jusqu'à aujourd'hui, quelles sont les étapes que vous avez franchies pour proposer aujourd'hui 4 gîtes et 5 chambres ? 

C'est toujours un ensemble d'éléments qui intervient. L'ADN familiale, l'envie de vivre au pays, le goût d'entreprendre... et un choix de vie. À l'origine, un constat. Le rythme de vie quotidien est source de stress dûs aux multiples contraintes imposées ou que l'on s'impose. Aux antipodes, les vacances se doivent d'être une parenthèse enchantée de moments partagés.

Les choses se sont faîtes progressivement. D'abord l'hébergement avec les chambres d'hôtes puis un premier gîte ; ensuite la partie balnéo (sauna, hammam et spa). Au décès de ma maman il nous fallait "re-toiletter" les anciens gîtes. Cette étape s'est achevée en 2018. En parallèle, toujours par tranches, nous avons soigné l'environnement : fleurs, jardins, terrasses, pour le plaisir de nos yeux et ceux de nos hôtes. Ce chantier avance ; pour l'échéance c'est : « ? » !


Lanevry est un lieu où l'on se sent presque chez soi. Comment procédez-vous pour créer ce sentiment chez vos hôtes ?

Notre organisation favorise ce sentiment. J'irai même plus loin en affirmant sans provocation que l'on doit se sentir mieux que chez soi. En effet, nous sommes, pour certains, leur résidence secondaire où il n'est pas nécessaire de tondre la pelouse, d'appeler le plombier pour une fuite d'eau...


 
"À l'origine, un constat. Le rythme de vie quotidien est source de stress dûs aux multiples contraintes imposées ou que l'on s'impose. Aux antipodes, les vacances se doivent d'être une parenthèse enchantée de moments partagés."


En gastronomie vous avez même obtenu un prix amateur du Kouign Amann de Douarnenez pour cette patisserie que je suis en train de déguster...

Ici c'est Douarnenez et le Kouign Amann y est une institution. Mais plus globalement je souhaite offrir les spécialités locales : le gâteau breton, le far, les crêpes, les confitures maison, le jus de pomme...


À quoi ressemble votre journée-type en compagnie de votre mari co-gérant ?

Dans les activités de services comme les nôtres, il n'y a pas de journée-type. Le matin on appréhende le programme et au gré des événements on essaie de le faire. La journée est un perpétuel ajustement où les contre-temps sont permanents.

Il y a deux temps forts : le matin au petit-déjeuner, c'est un instant privilégié d'échanges et d'écoute ; et puis en fin d'après-midi nous sommes heureux d'accueillir nos nouveaux hôtes.

Le reste du temps, il convient d'assurer l'intendance, la préparation culinaire...


 


Quel public accueillez-vous ?

Le public accueilli est très large et nous espérons lui offrir les meilleures réponses à ses attentes durant l'ensemble du séjour, dans 
un respect mutuel

Les gîtes sont indépendants avec un jardin privatif afin d'assurer la quiétude et le calme de chacun. Les chambres avec les petits-déjeuners en commun favorisent la convivialité et le partage. On vient nous voir seul, à deux ou en groupe. À pied (rarement), à vélo, en moto ou en voiture (le plus souvent). Les durées sont très variables. On vient aussi nous revoir d'une année sur l'autre. Ce debriefing périodique est un réel plaisir.


L'un de vos gîtes est aussi adapté pour les personnes à mobilité réduite...

Le monde n'est pas un standard. Au petit-déjeuner la richesse des échanges est le prolongement de la diversité humaine rencontrée. Les attentes y sont formulées. Il apparaît que tout un chacun est peu ou prou concerné par des difficultés de mobilité. On ne vient pas en vacances pour se faire rappeler des soucis quotidiens. Aussi, lorsque c'est possible nous pensons à l'ergonomie.


 


Une anecdote, un fait marquant à nous partager quant aux expériences vécues avec vos hôtes ?

Chaque année avec mon époux, nous vivons des instants privilégiés, de partages. Tantôt sombres, tantôt cocasses, parfois les faits s'inscrivent dans l'actualité ; à d'autres moments dans l'histoire. Toujours ils illustrent l'étendue de la nature humaine.

Côté émotion, je pense à cette jeune femme venant de terminer ses études aux Beaux-Arts, réalisant un périple breton avec son frère pour se ressourcer. Car après 5 années de vie commune, son compagnon a perdu la vie au Bataclan. Une très belle personne, une leçon de dignité, de cette jeunesse qui vous impressionne.

Côté coïncidence, l'été dernier, allez comprendre comment, pourquoi... 
À quelques semaines d'intervalle, invités par nos hôtes (une pratique régulière), des « habitués », en parlant de
tout et de rien, on évoque des tranches de vie. Et là nous avons revisité l'histoire à travers des témoignages, des enfants victimes du drame nazi d'un côté, un rescapé belge militant
pour la mémoire de la Shoa et de l'autre un fils de « SS » exprimant la lourdeur du fardeau porté depuis la naissance.

L'entrecroisement des sujets denses et profonds, du superficiel et de l'humour, sont le charme de l'activité. Il est pertinent d'avoir une posture éloignée de tout jugement de valeurs... humain : simplement humain.


 


Quels sont vos projets à venir ?

C'est un état permanent. Pour nous c'est plus une posture, il y a là des réaménagements, ici des améliorations. En déplacement on est plus attentif, plus curieux et aussi parfois plus
admiratif en connaissant les obstacles franchis pour aboutir à la réalisation.

Mon époux m'accompagne, j'en suis heureuse car l’entrepreneuriat est chronophage, cependant qu'est-ce que c'est agréable de pouvoir le partager.


Que pensez-vous du réseau Femmes de Bretagne ? Un conseil à donner aux femmes de Bretagne en projet d'entreprise ?

Avec le mot Bretagne, le combat féminin est incarné. Le militantisme prend une autre saveur plus douce, plus onctueuse mais pas moins déterminée.

Aux femmes titillées par l'entrepreneuriat, j'ai envie de dire de ne pas craindre l'isolement. En Bretagne on bénéficie de tout un accompagbement : chambres consulaires, CRT, AOCD... De précieux lieux d'écoute, d'échange, d'expériences, d'ouverture, permettant à chacun d'évoluer et de progresser.




René et Josy Gueguen Gonidec
Lanevry
Boîte Postale 114
29171 Douarnenez/Kerlaz
Tél. 02 98 92 14 87 - Port. 06 75 79 63 63
E-mail : info@lanevry.bzh
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Un entretien mené par la Plume Virginie Le Gall,
blogueuse et experte en blogging pour Mamezell' en Finistère
Article rédigé par :
Virginie Le Gall. -