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Vendredi, Juillet 28, 2017

Julie Gerecht, fondatrice du Bigouden Backpacker à Léchiagat (29) : " J’ai découvert les compétences que mes années de haut niveau en voile m’avaient apprises. Les plus importantes étant à mon avis de savoir se donner les moyens et de croire en soi."

Je ne connaissais pas le concept du Backpacker. C'est avec un très grand plaisir que je suis venue séjourner dans ce gîte d'étape confortable et chaleureux, à Tréffiagat dans un coin du Sud Finistère qui sent bon l'air marin et le sable fin. L'occasion de rencontrer la fondatrice, Julie Gerecht. Portrait d'une ancienne sportive de haut niveau qui partage son envie de vivre pleinement à travers ce lieu lumineux, à son image !


Julie tu es la créatrice du Bigouden Backpacker... En quoi consiste cet espace de location ?

Le Bigouden Backpacker, c’est un backpacker en Pays Bigouden, à Tréffiagat plus exactement !
Pour ceux qui n’ont jamais séjourné en backpacker, c’est un gîte d’étape, c’est-à-dire un logement collectif où on peut louer un lit, une chambre ou les 15 lits disponibles pour une nuit ou plus.
Je l’ai appelé un backpacker parce que j’ai voulu y retrouver l’esprit convivial et l’accueil que j’ai eu lors de mes voyages. Je me suis totalement inspirée des backpackers australiens ou néo-zélandais. J’espère que mes clients y feront autant de belles rencontres et auront des échanges autant que moi. ☺





À qui s'adresse la location de cette maison ?

À tout le monde !
Il faut bien sûr être prêt à partager les espaces communs : cuisine, salon/salle à manger, jardin et sanitaire (en douches individuelles) mais j’ai eu depuis l’année dernière des personnes entre 1 et 80 ans, seules, en couple ou en famille, sportifs (randonneurs, kayakistes, surfeurs, cyclistes, plongeurs…) ou tout simplement venant voir des amis, la famille ou visiter le coin.


En quoi ce lieu se distingue-t-il d'une auberge de jeunesse ? En quoi est-ce plus qu'un "simple" pied-à-terre ?

C’est un hébergement collectif oui, mais pas que pour les jeunes. Je préfère le rapprocher des refuges de montagne ou des guest house.
Déjà je n’ai que 15 places et des chambres de 4 personnes maximum. Quand on y arrive c’est pour s’y reposer, je suis une voileuse, j’aime bien le terme « y faire escale ».  Je tiens à ce que mon accueil fasse profiter au maximum de ce qu’on peut faire chez nous et je prends le temps de conseiller les gens.


Qu'est-ce qui t'a amenée à rénover cette maison il y a un an déjà ?

Quand j’ai décidé de poser mon sac à Tréffiagat, je me suis demandé quelle activité je pouvais exercer avec mes expérience et compétences. J’avais envie de m’investir dans le développement local et de travailler près de chez moi. Je revenais de Nouvelles-Zélande et j’ai réalisé que le Finistère avait la même typologie de territoir et beaucoup de points communs avec ce pays. Lors de ce voyage, les hébergeurs et les personnes que j’ai rencontrés dans les backpackers avaient eu un vrai rôle dans les activités que j’ai faites et mon parcours touristique.
Dans ma rue il y avait cette grande maison, un ancien commerce à vendre. Quand je l’ai visité je me suis tout de suite projetée ! ☺ Avec le petit jardin clos et des belles surfaces… quelques mois après je l’ai achetée.

Très bricoleuse, j’avais déjà quelques artisans, devenus des amis en lesquels j’avais totalement confiance, nous avons fait les plans, discuté, chiffré et en 4 mois le rêve est devenu réalité, j’ai ouvert en avril dernier. L’agence de développement Ouest Cornouaille m’a prise en charge pour des dossiers de subventions ; j’ai bénéficié de subventions du Conseil Général 29 et du Conseil Régional pour les gîtes d’étapes, ce qui m’a permis de faire vraiment tout au top (je crois ! ).



"Il faut être consciente qu’on engage une démarche qui va demander énormément d’énergie et pendant plusieurs années mais il faut croire en ses capacités. C’est un travail de longue haleine mais c’est génial !"


Avant ta vie d'aujourd'hui, tu as été championne de voile aux jeux olympiques... Comment en es-tu venue à vivre dans le Sud-Finistère ?

Pas Championne, j’ai fait 5ème !
J’ai été aux JO en voile après 10 ans de compétition puis manager avec de grosses responsabilités. J’avais envie d’une vie plus calme et de vivre tranquillement ma passion pour la mer et c’est bien « Finistère, la mer à 360° » ici non ?! Je suis arrivée ici un peu par hasard mais je me suis tout de suite sentie chez moi. C’est sauvage, il n’y a pas beaucoup de monde même l’été et même si je suis plutôt sociale, j’ai besoin de cet effet de lâcher-prise dans mon quotidien.
J’aime concevoir et réaliser des projets, maintenant je prends le temps d’en construire pour moi en espérant en faire profiter mon territoire.



Professionnellement, tu as aussi créé Sea Sport Training, un opérateur de voyages pour les sportifs et les entreprises en parallèle de ton activité de coaching...

Sea Up Performance a été créée pour être une plateforme de rencontre entre les habitants de l‘Ouest Cornouaille intéressés par le Sport, la Mer et la Nature.
Certains sont des professionnels qui peuvent, via Sea Up Performance, exposer leurs savoir-faire et savoirs-être et d’autres des particuliers qui veulent découvrir, tester des activités ou des produits.
C’est aussi une association qui peut prendre une place dans le paysage associatif local pour créer des évènements sportifs en partenariat avec d’autres associations sportives locales, par exemple depuis mars, un Swim and Run s’organise pour fin 2018.
J’ai eu envie de porter ce projet pour que nous, habitants de ce petit coin du Finistère, nous en profitions un maximum en fonction de nos envies. Que nous prenions conscience de la chance qu’on a de vivre ici et de tout ce qui se pratique.
Les habitants changent ici et il me semble que l’offre n’est pas assez lisible et facile d’accès.
En tant qu’ancienne sportive de haut niveau, je souhaite que Sea Up Performance relaie de l’information concernant les athlètes. Ceux d’ici mais aussi ceux qui viennent y faire des compétitions et des entraînements. Cela peut motiver des jeunes à pratiquer plus de sports et ces sportifs ont une image très positive !


Professionnellement, tu as aussi créé 
Sea Sport Training, une agence opérateur de voyages et un service de coaching en sport nautique...

Je suis consultante depuis l’année dernière et Sea Sport Training porte maintenant à la fois mon activité de consultante et l’activité d’opérateur de voyage. Nous sommes 2 co-gérants, Guillaume Denain a la casquette de coordinateur, il est plus en opérationnel et moi je m’occupe de la communication, de la commercialisation. C’est notre complémentarité qui a permis l’émergence de cette entreprise.
Le fondement de cette entreprise est de faciliter l’organisation de stages ou de journées d’activités sportives sur l’Ouest Cornouaille (entre Combrit et Douarnenez). Afin de pouvoir « packager » à la fois des activités, du transport, de l’hébergement et de la restauration nous devions nous immatriculer chez Atout France au Registre des opérateurs de voyages.
Aujourd’hui Sea Sport Training propose de créer ou d’aider à l’organisation de stages pour des sportifs et des entreprises en valorisant les atouts de notre terrain de jeux :
Pour les sportifs ce peut être pour tous les niveaux, de la découverte aux sportifs de haut niveau. Des infrastructures d’entrainements sont identifiées en fonction des sports.
Pour les entreprises soit il y a un objectif professionnel de travail, de coaching, de team building soit elles recherchent du loisir pour une de leurs équipes ou leur Comité d’entreprises.
Avec le référencement de partenaires que nous avons réalisé, nous pouvons accueillir entre 6 et 200 personnes avec des standings d’hébergement qui nous permettent de répondre à des demandes pour tous les budgets.  Ce curseur était très important pour nous, nous sommes pour la démocratisation de l’accès à la performance.
L’état d’esprit de Sea Sport Training c’est la fluidité, autant avec nos prestataires qu’avec nos clients. Nous sommes tous les deux convaincus qu’avec bienveillance et compréhension, on peut travailler sereinement. Tous nos intervenants sont des professionnels déjà en activité et habilités, nous ne sommes qu’un catalyseur de ces compétences locales. 





Autre corde à ton arc : tu es consultante en gestion de projets sur Lorient ?

À Lorient, nous commençons tout juste, Lorient Grande Large souhaite structurer son offre de formation pour ses 100 skippers et je vais travailler avec Tanguy Leglatin, l’entraîneur de Lorient sur cette mission.
Je donne des cours de conduite de projets aux BPJEPS Voile de Concarneau aux Glénans et  l’INB. C’est du concret, ils ont un projet d’animation nautique à rédiger et réaliser dans des structures bretonnes. Pour moi c’est un exercice avec chacun des étudiant ; mon objectif est qu’ils comprennent ce qu’est une démarche de projet et qu’à terme, quand ils seront en poste, ils puissent être autonomes.
Je souhaite continuer à travailler dans le nautisme et si mes compétences peuvent servir à le développer, j’en suis la plus ravie. Je crois que la voile est un sport aux multiples facettes (technique, stratégique, croisière, glisse, compétition ou loisir…). Il fait progresser les personnalités et cet outil est encore bien trop peu exploité.
Travailler en mode projet c’est adhérer à une philosophie de partage et d’échange. J’essaye à mon échelle de transmettre ce que j’ai appris tout au long de ma carrière atypique et je l’applique.


Entre le Bigouden Backpacker, cette association et tes activités professionnelles, on sent un fil conducteur net : le sport et la mer... Peut-on dit que tu as tissé ta toile autour de tes deux passions ?

Exactement ! Qui tente rien n’a rien, j’ai essayé de tout combiner pour me créer mon travail parfait et je crois que je n’en suis pas loin.
Quand je me lève le matin je suis heureuse d’aller travailler, juste à côté de chez moi avec des collaborateurs que je choisi et quasi tout le temps en bord de mer. C’est le luxe total !
Je n’aurais jamais pu imaginer que 19ans après être partie de Paris j’en serais là  ☺


Quelles valeurs portes-tu à travers des différents projets ?

Le travail collectif : confiance et respect
Le sport :  des valeurs saines et la recherche de performance
Chacun son métier, le travail avec des experts
On peut vivre de ses passions, la phrase de St Exupéry « Fais de la vie un rêve et d’un rêve une réalité » je l’ai lu un jour sur un tableau chez un ami et je me suis dit « c’est çà que je dois faire », elle est encore marqué sur un post-it sur mon frigo.





Comment parviens-tu à mener de front toutes ces activités en parallèle de ta vie personnelle ? 

Je m’organise ☺, de temps en temps c’est compliqué mais j’aime tout ce que je fais, mes métiers sont tous passionnants et je sais où je vais. C’est l’essentiel.
Pour avancer dans ma vie personnelle j’ai besoin de poser ma vie professionnelle.


En tant qu'ancienne sportive de très haut niveau, quel regard portes-tu sur le choix d'entreprendre ? 

Avec le temps j’ai découvert toutes les compétences que mes années de haut niveau en voile m’avaient apprises. Les plus importantes étant à mon avis de savoir se donner les moyens et de croire en soi. Il n’y a pas de limite d’investissement personnel et on est sportif de haut niveau 24h/24… Combien çà fait d’heures de travail par semaine en 10 ans ?
Quand on entreprend, il faut faire preuve de persévérance, croire en ce que l’on fait et ne pas compter ses heures de travail, au moins au lancement d’une activité.


Quels conseils donnerais-tu aux Femmes de Bretagne qui, elles aussi, veulent se lancer dans l'aventure de l'entrepreneuriat ?

Il faut rester objective sur les besoins et les attentes du public de clientèle visé ; l’étude de marché est très importante pour baser sa décision de se lancer dans l’entrepreneuriat. Si et seulement si le bilan est un « Go », il faut être consciente qu’on engage une démarche qui va demander énormément d’énergie et pendant plusieurs années mais il faut croire en ses capacités. C’est un travail de longue haleine mais c’est génial !





Julie Gerecht // Bigouden Backpacker
9 rue Albert Pochat, 29730 Léchiagat
+33 9 72 55 98 32
contact@bigouden-backpacker.fr
www.bigouden-backpacker.fr
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Un entretien mené par la Plume Virginie Le Gall (29)
experte en blogging
et blogueuse pour Mamezell' fait son reuz
Article rédigé par :
Virginie Le Gall. -