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Mardi, Avril 3, 2018

Manon Lecor, blogueuse, créatrice de contenu et auteure à Saint-Malo (35) : "La seule personne qui sait ce qui est bon pour nous, c'est nous ! "

Blogueuse, rédactrice de contenu et à présent auteure d'un roman : telles sont les trois "casquettes" qu'arbore désormais la douce Manon Lecor, une femme de Bretagne que j'ai eu la chance de rencontrer il y a six ans déjà. Nos retrouvailles furent l'occasion de revenir sur son chemin parcouru, fait de leçons de vie et d'accomplissement personnel. Portrait d'une malouine qui parvient à allier humilité, perspicacité et sincérité.
 



Manon, lorsque je t'ai connue il y a 6 ans déjà, tu sortais de l'école de commerce et tu créais ton premier blog "Manon Anchor". Qu'est-ce qui t'a amenée à devenir blogueuse ? Que t'apporte le blogging ? 

J’ai décidé de lancer mon blog à la sortie de mon alternance de fin d’étude en décembre 2011. Je ne trouvais pas d’emploi et j’étais frustrée de ne rien faire. À l’école ou en entreprise, on nous dit quoi faire. Une fois au chômage, le choc est violent ! Alors j’ai décidé de créer un blog pour faire quelque chose, pour montrer ce que je savais faire. En presque 7 ans, mon blog a bien évolué et aujourd’hui il me ressemble davantage, bien qu’il reste toujours un entraînement pour apprendre de nouvelles choses.


Depuis, ton univers a donc changé : peux-tu nous présenter ton blog manonlecor.com ? 

Mon premier blog a été piraté. Alors j’ai décidé de tout recommencer à zéro avec mon blog actuel. Au final, c’est tombé au bon moment car ça m’a permis de poser les choses, voir ce qui était important pour moi. Arrêter de faire comme les autres ou pour les autres et faire quelque chose qui me ressemble. J’ai donc commencé à parler de moi, de mes passions, de la lecture mais aussi d’écologie car je démarrais tout juste ce cheminement pour consommer mieux. J’ai grandi avec mon blog. Je publie des articles 3 fois par semaine selon des sujets qui me tiennent à coeur, je partage mon quotidien.


 
"Il ne faut jamais laisser tomber, sauf quand ce n’est pas bon pour soi évidemment. Et les conseils que l’on reçoit sont peut-être bons, mais pas toujours bons pour soi. Il faut rester juge et maître de sa vie !"


Parler zéro déchet et mode pourrait paraître antynomique... Comment allies-tu ces deux domaines ?

Le zéro déchet et la mode ne sont pas incompatibles. Ce qui est incompatible c’est le zéro déchet et la fast fashion. Comme le zéro déchet et les fast food pour la gastronomie. On doit s’habiller et j’adore m’habiller mais on peut le faire de manière responsable. Aujourd’hui, je m’habille sans faire de mal (ou presque) à la planète et tout en respectant mon style. Je dirai même que ça m’a permis de trouver mon vrai style. On n’achète plus spontanément des choses qui ne nous ressemblent pas, vues dans les magasines.



À titre professionnel, tu as travaillé dans la communication web sous le statut de salariée d'abord ; et te voilà freelance. Qu'est-ce qui t'a donné envie de créer ta propre activité ? Quel statut as-tu choisi ? 

Le statut salarié ne me convient pas 
jusqu’ici. Notamment avec les procédures en entreprise, le fait de tout le temps « demander sa liberté » ( « est-ce que je peux prendre des vacances ? »« est-ce que je peux poser un jour ? »… ) D’autant plus qu’aujourd’hui, je ne vois pas le travail avec un rapport temps / argent mais argent / énergie. On peut passer 8 heures derrière un bureau sans trop s’épuiser, et on peut passer 3 heures à donner un cours ou une formation pour en ressortir vidé. C’est quelque chose qui n’est pas valorisé aujourd’hui ! J’ai voulu faire un break et les opportunités sont arrivées ; donc j’ai décidé de me lancer en freelance.

J’ai choisi de rejoindre la coopérative d’activités et d’emplois (CAE) 
Élan Créateur à Saint-Malo car je ne me sentais pas de le faire seule. Avec la coopérative, on est accompagné, on nous apprend « la dure vie » des indépendants… Les démarches administratives, se sortir un salaire, avoir un comptable ; bref c’était bien plus simple pour moi de me faire accompagner !

 


Professionnellement tu te définis comme une créatrice de contenus. Quelles sont les prestations que tu dispenses ?

Je propose 2 types de prestations : la création de contenu, c’est-à-dire que je réalise des contenus texte (type rédaction d’articles, interviews, fiches produit) mais aussi des contenus image (photos pour le web ou pour le print). J’exerce aussi l’activité de blogueuse professionnelle. Je travaille donc avec des marques (en lien avec ma ligne éditoriale) en créant du contenu sur mes propres réseaux, notamment mon blog et mon Instagram @manonlecor


Et te voilà à présent auteure, avec ton premier roman Quand s'en ira la peur, paru ce 12 mars. Peut-on dire qu'entre le blog et le manuscrit il n'y a qu'un pas ? Comment se sont passées les 3 années de ton travail d'écriture ?


Écrire sur un blog et écrire un roman, ce n’est pas le même engagement. On va dire qu’un blog, ça va « vite », on a un retour immédiat, c’est « gratuit ». Un livre, c’est différent. Pour moi, ça a été un challenge et un engagement avec moi-même. Le déclic a été naturel, j’ai commencé à écrire et au bout de 3 ans je mettais le point final. C’était un travail naturel mais pour autant douloureux et plein de doutes. Un jour on aime ce qu’on a écrit, le lendemain on veut tout recommencer. Et puis l’histoire prend le dessus, on sent qu’on ne contrôle plus vraiment ses personnages… Bref, c’est une expérience assez unique et très thérapeuthique.

 


Ton livre évoque la thématique du burn-out : qu'est-ce qui t'a orientée vers ce sujet ? Quelles ont été tes sources d'inspiration ?

C’est un sujet qui touche plein de gens aujourd’hui à plus ou moins grande échelle. Il ne faut pas forcément arriver au pire pour parler de burn-out ; mais dans la société dans laquelle on vit, personne n’a le droit de dire qu’il en a marre de son job, il faut constamment se dépasser et se maltraiter. C’est absurde ! Que ce soit dans mon cas personnel ou auprès d’amis autour de moi, j’ai vu trop de fois cet épuisement professionnel détruire des personnalités, c’est pour ça que je voulais en parler et dénoncer aussi certains comportements en entreprise qui ne sont pas normaux et pourtant tolérés. Il en va de la santé des gens et de mon héroïne ; pourtant la santé c’est la base de tout pour une vie heureuse et épanouie.


Comment s'est déroulée l'étape de la publication de ton livre ? Comment vis-tu le fait d'être aujourd'hui une auteure ?

Je n’étais pas sûre de moi, j’ai envoyé mon manuscrit à 10 maisons d’édition pour voir ce que ça valait. Au fond, je ne sais même pas ce que j’attendais. J’ai expédié mon roman en mars 2017 et les réponses négatives ont suivi naturellement. Un « non », deux « non »… C’est arrivé au sixème ou septième que j’ai commencé à avoir mal car les chances diminuent. Et un jour, je reçois un mail de Loïc Jouaud, fondateur des éditions Cédalion. En voyant que c’était un mail, je pensais que c’était encore un 
« non ». C’était bien un « oui » ! Pour une parution au premier trimestre 2018.

J’ai encore du mal à réaliser. Le plus dur est de me projeter dans ce nouveau statut. On pense toujours que ce genre de choses n’arrive qu’aux autres. Pour une fois, les autres, c’est moi ! J’ai compris grâce à mon livre que tout est possible. Les choses se débloquent quand on est dans la bonne voie…


 


Des dates à venir en lien avec ton livre ? Comment se procurer ton roman ?

Il y a une dédicace le 31 mars prochain dans les Côtes-d’Armor à Pleubian (librairie Bouquine, 15 place Saint-Georges) avec la présence d’Erik Orsenna. Et bientôt une dédicace à Saint-Malo (date à venir).

Mon roman est disponible sur internet sur le site de mon éditeur : mais il est aussi possible de le commander dans n’importe quelle librairie.


Ton cheminement témoigne d'un profond travail sur toi-même : Quels conseils donnerais-tu aux Femmes de Bretagne ? Et que penses-tu de notre réseau ?

Je dirai qu’il faut se faire confiance, la seule personne qui sait ce qui est bon pour nous, c'est nous ! Ce n’est pas toujours facile mais les expériences témoignent que souvent les bons chemins pris ce sont les chemins qu’on a voulus ! Il ne faut jamais laisser tomber, sauf quand ce n’est pas bon pour soi évidemment. Et les conseils que l’on reçoit sont peut-être bons, mais pas toujours bons pour soi. Il faut rester juge et maître de sa vie !

Je pense que le réseau Femmes de Bretagne est un réseau important pour permettre à des femmes entrepreneures de se rencontrer et surtout d’échanger sur les doutes qu’on peut ressentir en tant que femme lorsqu’on se lance. Il n’est pas évident de se sentir légitime et avoir des lieux de rencontre pour en parler permet d’avancer plus vite dans un projet.


Pour te découvrir ? Te suivre ? Te contacter ?

Mon blog
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Mon Instagram sur la photo argentique
Mon e-mail : collabwithmanon@gmail.com



 
Un entretien mené par la Plume Virginie Le Gall,
blogueuse et experte en blogging pour Mamezell' en Finistère
Article rédigé par :
Virginie Le Gall. -