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Mercredi, Juillet 11, 2018

Valérie Pastre, comédienne à Nantes (44) : « Comédienne ou entrepreneure, il n’y a que le nom qui change »

« Namaste beaucoup », c’est le titre de son premier seul-en-scène. Valérie Pastre est comédienne. Née à Rennes et vadrouillant, au gré des spectacles, de Nantes à Paris, elle révèle une plume engagée et mordante. Rencontre avec une artiste déterminée, en pleine préparation du « Finland Trophy ».

 

La dernière fois que l’occasion d’aller découvrir « Namaste beaucoup », le seul-en-scène de Valérie Pastre, s’est présentée, l’aventure en voiture direction Rennes fut de courte durée. Bloquée côté garage par une fosse béante, résultat des travaux de voierie en cours. « Manket oc’h ´vat ». Comme disent les Bretons. C’est ballot. Comme disent les autres. Si les gros œuvres sont terminés, la tournée de la comédienne native de Rennes et partageant son temps entre Nantes et Paris, est en ébullition constante. Des dates nouvelles s’agrègent en permanence. Alors, pour de nouvelles dates bretonnes, tapez 1. Pour de nouvelles dates bretonnes sans travaux fauteurs de troubles, tapez 2.

Car cette Femme de Bretagne est une sacrée passionnée passionnante. Dernière d’une fratrie de quatre enfants, Valérie et sa nature conciliante, se plie à l’envie de ses parents : avoir un diplôme. Un vrai. Après l'obtention du bac, direction l’ESSCA, l’École Supérieure des Sciences Commerciales d’Angers. Contrat rempli pour celle qui pratique le théâtre depuis l’âge de 12 ans. Et qui se plaît à amuser la galerie depuis l’enfance, à coup de scénettes ou de déguisements « pour trouver sa place ». Seule à croire à son idée, elle s’entête. Diplômée de l’école de commerce, elle se forme au Studio Pygmalion, à Paris, afin d’apprendre à jouer devant une caméra.


 
« Je savais que j’étais enfin sur le bon chemin. Je crois aux choses de la vie qui arrivent parce que c’est le bon moment. »


Aujourd’hui, à 32 ans, Valérie Pastre est un « couteau suisse dramaturgique ». Comédienne, voix-off et coach scénique auprès d’entrepreneurs, elle vogue de projets en défis. Son ultime comédie de boulevard est renversante à deux niveaux. Si le public s’esclaffe, la jeune femme réagit. Les propos qu’elle déclame ne résonnent pas avec ses valeurs. C’est décidé, la prochaine fois qu’elle remonte sur scène, elle sera alignée avec ses idées. Alors, l’artiste se lance dans l’écriture de son propre spectacle, avec l’objectif de « le jouer avant ses trente ans », se souvient-elle. « Puis j’ai eu trente ans, ok je jouerai avant mes 31 ans », se contente-t-elle alors. Contrat rempli. Bis. Après trois années de rédaction, de répétitions et de recherches de partenaires, elle joue la première de « Namasté beaucoup », en décembre 2017 à Paris. Une folie pure. Alors qu’elle n’est pas remontée sur scène depuis six ans, elle s’y attelle pour jouer son propre show. « En sortant de scène, j’ai pleuré tant j’étais émue. Je connaissais deux tiers des spectateurs, ma famille et mes amis étaient présents. Je savais que j’étais enfin sur le bon chemin, je me suis sentie à ma place. Je crois aux choses de la vie qui arrivent parce que c’est le bon moment. »

 
"« J’ai de l’admiration pour celles et ceux qui créent leur entreprise alors qu’en France, on a une vision très négative de l’échec. On met souvent en avant les risques de la création. »


Son inspiration ? Sa cousine Marion. Une « surdouée », bachelière à 16 ans, et destinée à une talentueuse carrière d’ingénieure. Sauf que Marion démissionne pour embrasser une vie empreinte de sobriété. En cohérence avec ses convictions. Potager, cosmétiques faits-maison, frigo hors de portée. « Je me suis dit que c’était un super sujet. J’avais envie qu’il soit drôle mais qu’il soulève également de vraies questions sur nos modes de vie et nos choix de consommation », dévoile Valérie. Avec deux metteurs en scène rencontrés après le Festival d’Avignon, elle réécrit les transitions, travaille le rythme, et ajuste son débit pour rendre ce message citoyen comique. « Ce seul-en-scène distille de nombreux messages. Il n’est pas moralisateur, mais je dis que l’on va sauver l’humanité ensemble. Car parfois, lorsque l’on veut vivre plus en adéquation avec la nature, on se sent seul. Or, si chacun fait la part du colibri, la tâche est moins énorme », confie l’artiste engagée qui ajoute qu’elle ne pourrait pas jouer « Namasté beaucoup » si elle n’était pas concernée par le sujet. Depuis six ans, Valérie a embrayé un changement dans ses habitudes consuméristes. Elle réduit sa consommation de viande, ne s’approvisionne plus dans les supermarchés et confectionne ou achète des cosmétiques éthiques. « J’ai eu un déclic par ma cousine qui m’a dit un jour : tout ce que tu mets sur ta peau, tu dois pouvoir le manger. »

 


Au quotidien, Valérie se dit chanceuse d’être intermittente du spectacle. Un statut qui lui octroie le temps de se concentrer sur les répétitions, l’écriture, le démarchage, la communication et ses autres projets comme des web-séries ou la voix-off. « Je suis l’actrice de ma vie. Finalement, comédienne ou entrepreneure, il n’y a que le nom qui change. Sinon, c’est pareil, il ne faut rien lâcher, avoir confiance, oser, se remettre en question, être à l’écoute des autres, mais s’écouter aussi. Il faut la même débrouille, le même esprit d’initiative », débite-t-elle. Tout en saluant les créateurs : « J’ai de l’admiration pour celles et ceux qui créent leur entreprise alors qu’en France, on a une vision très négative de l’échec. On met souvent en avant les risques de la création. Alors que dans les pays anglo-saxons, on dit « take a chance », ou « opportunity ». 

 
« J’aime les femmes qui se bougent, l’entraide, le soutien et l’écoute. Lorsque l’on est dans un élan positif, c’est bien de se retrouver ensemble. »


L’association Femmes de Bretagne, Valérie l’a découverte par le bouche-à-oreille. Elle adhère aux valeurs. « J’aime les femmes qui se bougent, l’entraide, la bienveillance, le soutien et l’écoute. Lorsque l’on est dans un élan positif, c’est bien de se retrouver ensemble », justifie-t-elle. Alors, pour prolonger son engagement, la comédienne s’engage dans des défis sportifs. En 2013, c’est sur le Rallye Aïcha des Gazelles qu’elle s’aligne. En 2014, c’est le Raid Amazones l’Arbre Vert, qui la fait voyager au Cambodge. Et en 2019, l’objectif est nordique. Avec une amie, Valérie Pastre se challenge sur le « Finland Trophy », en Laponie. Au-delà du projet sportif, la « Team Alouette Radio » s’élance pour un défi « qui a du sens ». Déjà assurées du partenariat de Radio Alouette, les deux amies sont encore à la recherche de partenaires « avec qui l’on créerait une synergie ». Les sportives engagées soutiennent également l’association Keep a Breast Foundation Europe, pour sensibiliser la jeunesse au cancer. Et « Bas Les Pailles », qui œuvre pour éveiller les consciences autour du plastique et sensibiliser au problème des pailles en plastique, « omniprésentes et polluantes ». « Nous sommes honorées d’avoir comme marraine Laetitia Bléger, ex-Miss France mais aussi sportive aguerrie et comme parrain Alex Caizergues, champion du monde de vitesse en kitesurf ! », ajoute Valérie Pastre.

De quoi l’inspirer pour un futur seul-en-scène ? Peut-être. Pour l’heure, la comédienne bretonne espère jouer son spectacle encore trois ans au moins, à Paris, aussi partout en France et pourquoi pas à l’étranger ! Pour se confronter à un public varié. Une expérience « enrichissante ». Des vies et des regards « différents ». Alors, on tape 1 ? Et 2, si possible.


 


Contact :

Instagram :
@valeriepastre
Facebook : Valérie Pastre Comédienne 
Site web
valeriepastre@gmail.com

Finland Trophy : Team Alouette Radio
Vous souhaitez les soutenir dans cette aventure ? teamkalonek@gmail.com


 
Un portrait réalisé par la Plume Léonie Place,
rédactrice de contes de faits chez
Scribeuse (56)
Article rédigé par :
Léonie Place. -